SOULAGER LE SYNDROME PREMENSTRUEL ET L’ENDOMETRIOSE GRÂCE À LA NUTRITHERAPIE

Dernière mise à jour : 12 déc. 2021



SOMMAIRE

INTRODUCTION…………………………………………………………….…………………....…2

PARTIE I - Définition des termes………………………………….…………………………3

a) Le syndrome prémenstruel (SPM)………………..….……………………….…...….….3

b) L’endométriose…………………………………………….………..……..……………….5

c) La nutrithérapie……………………………………………………………………………..6

PARTIE II - Comment adapter son alimentation à l’endométriose et au SPM………7

a) La nutrition……………………………………..........……………………………….7

b) Une prise en charge micronutritionnelle…………..………..………………………….9

PARTIE III - Une prise en charge évolutive………..………………………………….....12

a) L’objectif du suivi thérapeutique………………………………….……..…...........….12

b) Élargir le champ d’intervention des professionnels de santé dans le suivi médical……………………………………………………………......……………..……..…13

CONCLUSION………………………………………………………………………………..……15

RESUME EN ANGLAIS.........……..………………………………................…………………..16

ANNEXES………………………………………………………………..…………………………..17

BIBLIOGRAPHIE……………………………………………………….………………………..…18



Introduction

L’étude de la place de la nutrithérapie dans la prise en charge de l’endométriose et du syndrome prémenstruel (SPM) permet de mettre en lumière l’importance de la nutrition pour ce type de pathologie et pour les douleurs caractéristiques au syndrome.

Cependant, il ne faut pas confondre endométriose et SPM, ce dernier n’étant pas considéré comme une maladie. C’est un syndrome prémenstruel que nous retrouvons chez un grand nombre de femmes avant l’arrivée des menstruations.

Quant à elle, l’endométriose est une pathologie plus ou moins connue du grand public. En comparaison des années précédentes, sa prise en charge a beaucoup évolué et s’est améliorée notamment grâce à l’augmentation de la communication sur cette pathologie. Il faut continuer sur cette voie en menant des actions pour la faire davantage connaître. En effet, encore trop peu de femmes, notamment des jeunes-femmes, ignorent son existence et se réfugient ainsi dans la douleur.

Pour préciser les thèmes de ce sujet, l’endométriose se différencie du SPM comme étant une maladie gynécologique inflammatoire qui se définit par la présence et la croissance de glandes à l’extérieur de la cavité utérine, engendrant de fortes douleurs en périodes menstruelles et hors périodes.

Sa prise en charge repose sur un traitement analgésique, hormonal et dans les cas les plus graves, chirurgical. Nous verrons à travers ce travail de recherche que la nutrition et plus précisément la micronutrition, a une place importante dans le parcours des patientes atteintes d’endométriose ou bien d’un SPM.

Ainsi, nous pouvons nous demander comment soulager le syndrome prémenstruel et l’endométriose grâce à la nutrithérapie.

Pour répondre à cette problématique, nous définirons dans un premier temps les termes importants de ce sujet, puis dans un second temps nous étudierons la prise en charge nutritionnelle et micronutritionnelle, pour enfin terminer sur les possibilités d’évolutions du suivi thérapeutique.


I - Définition des termes


  1. Le syndrome prémenstruel (SPM)

Épidémiologie :

Le syndrome prémenstruel (SPM) représente une période que nous pouvons exprimer comme étant déséquilibrée chez la femme en âge de procréer. Environ 75 % des femmes éprouvent des symptômes avant l’arrivée de leurs règles, dont 20 à 50 % ont des symptômes suffisamment intenses pour interférer avec leurs activités quotidiennes. De plus, environ 5 % ont une forme grave de syndrome prémenstruel appelé trouble dysphorique prémenstruel (TDPM).

Il se traduit par un ensemble de symptômes physiques et psychiques qui apparaissent avant les menstruations (7 à 10 jours avant) et diffèrent énormément en fonction des femmes.

Certaines ressentiront de grands changements psychologiques, d’autres des modifications physiques/physiologiques, contrairement à d’autres femmes qui ne subiront aucun changement.

Ainsi, le SPM est propre à chacune, pouvant être très violent et périodique ou alors peu intense et irrégulier.

Diagnostic :

Une grande majorité des femmes subissent ces modifications qui sont totalement

physiologiques et normales.

Cette période implantée dans le cycle menstruel de la femme est une phase inévitable qui se reproduit tous les mois, pour toutes les femmes réglées.

Les symptômes sont variés, mais certains restent tout de même similaires, notamment les modifications physiques se traduisant par des ballonnements, des crampes abdominales, constipations, diarrhées, céphalées, troubles de l’appétit, troubles du sommeil ou bien des douleurs mammaires.

On retrouve également des modifications de l’ordre du psychique. La sécrétion hormonale étant chamboulée, elle influera directement sur l’humeur de la femme, souvent irritable, anxieuse ou bien subissant des épisodes dépressifs et une baisse de motivation.

Et tout ça chaque mois ?

Alors oui, le cycle menstruel a lieu une fois par mois et modifie plusieurs fonctions de l’organisme féminin, notamment au niveau hormonal.

Mais cela ne veut pas dire qu’obligatoirement une femme sera pliée en deux de douleurs une fois par mois ou irritable à cause de ses menstruations. L’intensité peut varier, il est très rare que ces types de fait soient linéaires car de nombreux éléments extérieurs entrent en compte. Ils viendront alors accentuer ou bien améliorer l’état de la patiente.


Physiopathologie :

Mais les menstruations, c’est quoi ?

C’est un écoulement sanguin naturel survenant chez les femmes une fois par mois, pour une durée allant de 3 à 7 jours en moyenne, de la puberté jusqu’à la ménopause. À l’apparition des règles, l’organisme indique que l’appareil reproducteur de la jeune femme est arrivé à maturité. Ce phénomène s’arrête seulement durant une grossesse et à la ménopause.

Cet écoulement sanguin est un indicateur d’une non-fécondation de l’ovule induisant une dégradation de l’endomètre, qui est l’épithélium recouvrant la paroi utérine (Annexe n°1). Cette dégradation de tissu très vascularisé, est la cause des fortes douleurs pouvant être ressenties lors des règles.

Les douleurs peuvent être plus importantes lors d’un SPM car il existe un lien entre l’ovulation et le cycle menstruel. L’explication la plus concrète est en lien avec les fluctuations hormonales. En effet, la sécrétion d’œstrogènes diminue et celle de la progestérone augmente pour chuter par la suite. L'œstrogène provoque un gonflement des seins et une rétention d’eau. La progestérone quant à elle vient diminuer ces effets. Malgré tout, si la sécrétion de base en œstrogènes était trop importante les douleurs persistent.

D’autres fluctuations hormonales comme la sérotonine entrent en compte et participent à l’instabilité de la femme réglée tout comme le caractère héréditaire par la prédisposition génétique. Des carences minérales (calcium, magnésium) peuvent aussi favoriser l’apparition d’un SPM.

Traitement :

Difficile à traiter, aucun traitement assure une efficacité chez toutes les femmes. Il existe évidemment des traitements ponctuels qui peuvent être proposés en prévention des douleurs générées par les menstruations. Généralement sous forme d’AINS (Anti-Inflammatoire Non Stéroïdiens), ils diminuent les douleurs engendrées par les contractions de l’utérus. Des ISRS (Inhibiteurs Sélectifs de la Recapture de la Sérotonine) peuvent également être prescrits, tout comme un traitement hormonal, des anxiolytiques et dans les cas les plus graves la préconisation d’un traitement chirurgical par ovariectomie (pour les femmes plus âgées).

Cependant, avant d’arriver à un traitement médicamenteux ou chirurgical, on privilégie toujours une prise en charge dite « naturelle », à travers un régime alimentaire adapté, une pratique d’activité physique relaxante ou encore un travail sur un sommeil davantage réparateur.


b) L’endométriose

Épidémiologie :

L’endométriose est une maladie gynécologique inflammatoire œstrogèno-dépendante. Elle touche 1 femme sur 10 et se définit par la présence de tissu endométrite en dehors de l’utérus, habituellement dans l’ovaire, la trompe utérine ou d’autres structures pelviennes. Ce tissu répond aux taux fluctuants des hormones sexuelles pendant le cycle utérin, entraînant un saignement de type menstruel dans la partie basse de l’abdomen ou dans les ovaires avec de possibles formations de kystes. L’endométriose peut conduire à une inflammation pelvienne, à une stérilité ainsi qu’à des adhérences pelviennes étendues impliquant les ovaires, l’utérus, les ligaments utérins et l’intestin. Le risque de développer certains cancers est important, notamment celui des ovaires, du sein, ainsi que des maladies materno-foetales.

L’endométriose impacte la qualité de vie des femmes et affecte sévèrement leur quotidien, leur sexualité et leur bien-être psychologique.

Diagnostic :

C’est une maladie peu connue de par sa complexité. En effet, difficilement différentiable du SPM ou des autres pathologies, sans examens complémentaires approfondis, les signes et les symptômes peuvent être très variés, expliquant des diagnostics souvent tardifs.

Les manifestations de l’endométriose peuvent êtres diverses et inégales et dépendent du cycle menstruel et du type de lésion.

Il existe 3 formes d’endométriose classées en fonction de leurs critères de gravité (Annexe n°2).

- L’endométriose superficielle (péritonéale) désigne l’implantation d’endomètre ectopique localisé à la surface du péritoine

- L’endométriose ovarienne est caractérisée par un kyste de l’ovaire de couleur chocolat (vieux sang)

- L’endométriose pelvienne profonde (sous-péritonéale) correspond à des lésions qui s’infiltrent à plus de 5 mm sous la surface du péritoine. C’est la forme la plus grave car elle peut toucher des tissus ou des organes voisins, tels que la vessie, les uretères, le côlon…

Cependant, il n’y a pas de corrélation entre la douleur ressentie et le type d’endométriose, seul le caractère de gravité est impacté par rapport aux risques d’atteintes périphériques.

Après avoir présenté ce qu’est l’endométriose, nous comprenons maintenant les différentes douleurs qu’occasionne cette pathologie. Il est fréquent de retrouver une dysménorrhée, dyspareunie et dysurie chez les femmes atteintes d’endométriose, ainsi que tous les symptômes fréquents en période de menstruations, présentés précédemment.

Physiopathologie :

L’origine de cette maladie est encore discutée et des études en cours étudient les caractères d’apparition chez certaines femmes présentant un environnement endométrial génétiquement différent que celui des femmes ne développant pas la maladie. Différentes théories sont mises en avant, notamment celle de la menstruation rétrograde. Elle présente que le tissu endométriale ectopique est déporté via les trompes de Fallope jusque dans la cavité péritonéale où il prolifère sous l’influence hormonale.

De plus, une prédisposition génétique, une défaillance immunitaire, une perturbation endocrinienne ou des facteurs environnementaux sont tout autant étudiés dans la prévalence de l’endométriose.

Traitements :

Il existe évidemment des traitements permettant de diminuer les douleurs importantes et d’optimiser la fertilité des femmes, mais ce n’est en aucun cas un traitement définitif de l’endométriose.

Il repose sur un traitement analgésique (anti-inflammatoire non stéroïdien - AINS) ou hormonal (contraceptifs oraux, progestérone…). Cependant, certains traitements ne sont pas préconisés sur du long terme en raison des effets secondaires générés, notamment les risques d’ostéoporose. En dernier recours, un traitement chirurgical peut être envisagé. Dans 1/3 des cas, le traitement médicamenteux sera temporaire ou évité grâce à une hygiène de vie réfléchie et équilibrée.

Pour ce travail de recherche, nous allons nous concentrer sur la place de la nutrition et de la micronutrition dans la prise en charge de cette pathologie.

c) La nutrithérapie

La nutrithérapie est une médecine fondée sur l’administration de certains nutriments (vitamines, minéraux et oligo-éléments) naturellement présents dans notre alimentation.

Cette technique de soin permet de traiter une pathologie et/ou des symptômes à travers un ciblage des micronutriments favorisant l’amélioration de la santé d’une personne.

Elle ne fait pas partie des médecines alternatives car elle repose sur des études biochimiques, tout comme la diététique.

La nutrithérapie est extrêmement intéressante dans la complémentation d’une prise en charge car elle permet d’intervenir au niveau moléculaire sur la pathologie en question, ainsi le suivi sera adapté au patient. Chaque individu est différent, par ses gènes, son alimentation et son environnement, nécessitant une approche adaptée.

Un premier échange avec son patient permettra d’aborder ses attentes afin d’axer au mieux les micronutriments qui participeront à l’évolution positive de la pathologie.

C’est une approche de la nutrition médicalisée adaptée à chacun pour optimiser le statut micronutritionnel des patients.

II - Comment adapter son alimentation à l’endométriose et au SPM


a) La nutrition


L’alimentation a une place majeure dans notre quotidien, un rôle d’apport énergétique irremplaçable permettant la bonne fonctionnalité et l’évolution de notre organisme. De plus, son intérêt ne s’arrête pas là. En effet, la nutrition permet de soigner et guérir diverses pathologies grâce à la diététique.

Il existe donc une alimentation adaptée pour une pathologie telle que l’endométriose et le SPM. L’alimentation peut générer des déséquilibres physiques et physiologiques si elle n’est pas adaptée. Il serait alors intéressant de connaître quelle alimentation privilégier et comment établir un suivi nutritionnel.

En effet, les douleurs générées peuvent entraîner des comportements alimentaires inadéquats avec les besoins nutritionnels de la femme. Elle peut rencontrer des difficultés à s’alimenter et à gérer son alimentation en période de crises, pouvant se traduire par une exclusion de certains aliments, ou alors une éviction de tout apports alimentaires lors des fortes douleurs.

Le risque majeur est de provoquer davantage de carences nutritionnelles, et dans les cas les plus graves une dénutrition peut apparaître, mais elle reste cependant rare et extrême.

L’objectif de l’alimentation dans la prise en charge des femmes atteintes d’endométriose ou de SPM, est d’atténuer les douleurs en étudiant la composition de certains aliments.

Nous savons que l’endométriose et le SPM génèrent une inflammation tissulaire importante. Ainsi, préconiser un régime anti-inflammatoire peut faire partie des objectifs de la prise en charge.

Dans les cas les plus graves, les intestins peuvent être touchés par la maladie. Le but est donc de les mettre au repos en limitant leur fonctionnalité en période de crise afin de diminuer l’inflammation et donc les douleurs. Pour cela, on peut préconiser un régime anti-inflammatoire couplé à une alimentation facile à digérer et non irritante se traduisant par des apports en graisses limités, notamment les graisses cuites, et contrôlées en fibres, notamment insolubles.

Ces outils ne sont pas à généraliser et doivent être appliqués seulement en période de fortes douleurs ou en prévention. En effet, ces régimes excluent de nombreux aliments qui restent importants dans notre alimentation en termes d’apports nutritifs. Éliminer tous les aliments riches en fibres entraînerait un déséquilibre important des fonctions de l’organisme.

La nutrition vient se positionner comme un traitement préventif pour soulager les douleurs en périodes d’inconforts importants.

Le régime sans food-maps peut être lui aussi valorisé, pouvant quant-à-lui être applicable sur un plus long terme. Il permet d’écarter tous les aliments fermentescibles et transformés, afin de limiter au maximum les inconforts digestifs.

Je complèterais la prise en charge nutritionnelle, avec une alimentation riche en antioxydants, qui peut être établie quotidiennement. Les antioxydants sont des alliés extrêmement puissants et importants pour protéger notre organisme des diverses attaques extérieures et intérieures.

L’endométriose engendre une inflammation ce qui induit un déclenchement du système immunitaire. Il est donc intéressant d’apporter du soutien à cette protection déclenchée périodiquement. Un régime riche en antioxydants permettrait ainsi de favoriser la réponse immunitaire et protéger parallèlement l’organisme contre les possibles complications engendrées par la maladie et le traitement associé.

Nous pouvons aussi noter qu’en vue des différents traitements hormonaux prescrits pour traiter l’endométriose, exclure les aliments hormonaux-perturbateurs n’est pas à négliger dans la prise en charge nutritionnelle. Je pense notamment au soja qui est composé de perturbateurs endocriniens, tout comme la majorité des produits ultra-transformés.

Pour terminer, favoriser une alimentation issue de l’agriculture biologique permettra d’écarter les possibles contaminations par les pesticides et les Organismes Génétiquement Modifiés (OGM), pouvant jouer en défaveur de l’endométriose.

Après avoir présenté rapidement la place de la nutrition dans la prise en charge de l’endométriose, et du SPM, nous allons maintenant aborder plus précisément son importance à travers une étude micronutritionnelle.


  1. Une prise en charge micronutritionnelle


La nutrithérapie est un outil performant pour comprendre pourquoi certains aliments doivent être évités ou bien privilégiés dans la gestion de certaines pathologies. Une complémentarité efficace qui représente une place importante dans la prise en charge nutritionnelle.

La micronutrition va venir répondre aux différentes défaillances amenées par la pathologie ainsi que par les traitements prescrits.

Une cause plausible de l’apparition de l’endométriose repose sur une défaillance immunologique, entrainant une diminution de la cytotoxicité des cellules natural-killer et de la réactivité des lymphocytes T, ainsi qu’une baisse de la fonction phagocytante des macrophages. L’ensemble de ces déficiences immunologiques permettraient aux cellules endométriales d’échapper au système immunitaire. Cette déficience est accentuée par la persistance de l’inflammation due à une sécrétion importante de cytokines, chimiokines et de radicaux libres, favorisant la croissance des tissus ectopiques.

De plus, le stress est aussi une cause plausible car il résulte d’un déséquilibre entre la production de radicaux libres et des défenses de l’organisme. Cette génération anormale de ces composés instables viennent interagir avec diverses cellules de notre organisme et peuvent être la cause d’infertilité.

Pour répondre à l’ensemble de ces déficiences, opter pour une alimentation immuno-protectrice riche en antioxydant semble être une option totalement adaptée à la pathologie et au syndrome.

Il faut donc privilégier un apport quotidien en anti-oxydants à travers les vitamines et minéraux.


Des perturbations endocriniennes entrent également en jeu dans la physiopathologie de l’endométriose. Des modifications génétiques et immunologiques, agrémentées par un traitement hormonal à travers une production d’œstrogène peuvent maintenir l’inflammation.

Il existe des facteurs environnementaux participant à la physiopathologie de l’endométriose.

On peut retrouver les phtalates, les biphényles polychlorés, les dioxines ou encore le bisphénol A.

L’ensemble de ces composés sont facilement identifiables dans notre alimentation quotidienne.

Nous pouvons faire le lien avec l’exclusion des aliments susceptibles d’interférer avec le système hormonal, tels que le soja ou les produits fortement iodés ainsi que l’ensemble des produits issus de l’industrialisation, en passant par les pesticides ou encore les procédés de production. L’ensemble de ces pollutions se retrouvent directement dans nos sols et donc dans notre assiette.

Une étude menée en 1993 par Rier et al. démontre qu’une exposition quotidienne aux dioxines à travers l’alimentation a une incidence sur la prévalence de l’apparition d’endométriose, en maintenant l’inflammation et en stimulant la production d'œstrogènes.

Les phtalates présents un peu partout dans nos produits cosmétiques ou les emballages, et le biphényle polychloré, molécule cancérogène utilisée dans de nombreux matériaux industriels, est retrouvé en quantité plus importante chez des femmes souffrants d’endométriose.

Le bisphénol A, fréquemment utilisé dans les produits en époxy, est sensible à l’œstrogène et est retrouvé, lui aussi, en plus grande quantité chez des femmes atteintes d’endométriose.

Ainsi, en prenant compte de ces études pointilleuses menées sur les composés mis en cause dans l’apparition de la maladie, il semble nécessaire de porter une attention particulière à ce que nous pouvons mettre dans nos assiettes.Il faut donc exclure les aliments sources de perturbateurs endocriniens, tels que le soja, les produits à forte concentration d’OGM comme le maïs ou bien les produits ultra-transformés issu de l’industrie agro-alimentaire.

L’étude micronutritionnelle ne se limite pas à l’étude des composés dits extérieurs. L’alimentation de base peut être réorganisée pour améliorer la symptomatologie de l’endométriose.


L’apport en acides gras :

Les oméga-3 sont des acides gras essentiels, ils ne peuvent donc pas être synthétisés par l’organisme. Leur rôle principal entre dans la construction du cerveau et de la rétine, ainsi que dans la dégradation des graisses. Ils sont aussi connus aussi pour leur effet anti-inflammatoire.

Les oméga-6 sont aussi des acides gras essentiels. Leur mission principale se déroule essentiellement au sein des fonctions immunitaires et reproductrices, ainsi que dans le développement cérébral.

Un équilibre de ces apports permettrait de diminuer la réponse inflammatoire engendrée par l’endométriose.

Leurs sources sont variées. On retrouve majoritairement les oméga-3 dans les huiles de noix, colza ou encore de foie de morue et de poissons gras. Quant à eux, les oméga-6 sont présents dans les huiles de tournesol, dans le maïs, le soja et les viandes.

L’endométriose génère un stress important pour l’organisme. Certains minéraux sont très sensibles aux stress, notamment le magnésium et le fer. Les risques de carences sont alors importants, notamment en fer chez des femmes réglées.

Une attention particulière doit être menée sur ces apports, tout en prenant des précautions sur l’apport ferrique qui peut devenir pro-inflammatoire à partir d’une certaine dose.

Nous pouvons alors conseiller des aliments riches en magnésium, tels que le chocolat, les fruits oléagineux et certaines eaux minérales ainsi que des aliments riches en fer comme les viandes rouges et blanches, céréales, fruits, légumes…

Dans la partie précédente il est présenté que durant les périodes douloureuses, il est préconisé d’opter pour un régime non irritant pour les parois intestinales, qui peuvent être touchées par la maladie. Pour éviter cette irritation, ce sont les fibres qui sont principalement à surveiller et à limiter. Cependant, ce régime est à utiliser sur un court terme, car il permettra de mettre au repos l’intestin en cas de fortes douleurs au niveau de la partie basse de l’abdomen et irradiantes au niveau des intestins. Pour cela, nous pouvons préconiser un régime « facile à digérer » ou « pauvre en fibres » ainsi que sans foodmaps (Fermentiscibles, Oligosaccharides, Disaccharides, Monosaccharides and Polyols).

Pour compléter la prise en charge micronutritionnelle chez une patiente souffrant d’endométriose ou du SPM, nous pouvons aussi échanger sur les risques engendrés par le traitement.

Le principal risque évoqué en première partie est celui de l’ostéoporose qui peut être causée par un traitement œstrogénique.

Sachant que les produits laitiers sont connus pour leurs effets pro-inflammatoires mis en cause par les caséines bêta qui sont les protéines du lait de vache, leur consommation est donc déconseillée pour ce type de pathologie. Nous pouvons alors conseiller de limiter leur consommation notamment au cours des poussées et de compléter l’apport journalier calcique à travers des boissons à base de jus végétaux. Par exemple, le lait d’amande ou d’avoine sont des boissons souvent enrichies en calcium.

Ainsi, nous savons dès à présent que l’endométriose ainsi que le SPM sont en lien avec une forte inflammation tissulaire. Cette inflammation peut être en partie contrôlée grâce à l’approche micronutritionnelle lors de la prise en charge. Il faut donc privilégier une action anti-inflammatoire. Nous pouvons davantage adapter l’alimentation avec des apports majorés en antioxydants et favoriser certains nutriments pour leurs effets bénéfiques en lien à la symptomatologie. La nutrition reste une forme de thérapie préventive et adaptative en fonction des douleurs. Elle participe activement à l’ensemble du traitement prescrit et peut permettre l’amélioration des douleurs et ainsi pallier aux effets secondaires du traitement.

Une hygiène de vie saine doit être instaurée afin de mettre un maximum de chances de son côté pour améliorer la qualité de vie. Cela passe par l’éviction certaine de l’alcool et du tabac.

La nutrithérapie est ainsi un outil qui me semble essentiel et favorable dans ce type de pathologie. Cependant la prise en charge médicale peut encore être améliorée grâce à d’autres acteurs de santé qui peuvent participer au suivi.

III - Une prise en charge médicale évolutive


  1. L’objectif du suivi


La prise en charge de l’endométriose est complexe et nécessite beaucoup de connaissances et de pluridisciplinarité. Elle est en pleine voie d’évolution malgré que ce soit une pathologie peu connue du grand public. En effet, il n’y a pas ou très peu d’informations à son sujet, notamment pour les adolescentes chez qui le diagnostic est souvent tardif.

La complexité de la prise en charge de cette pathologie est majorée par la méconnaissance des réelles causes, qui sont encore aujourd’hui inconnues.

Malgré tout, nous progressons vers un suivi évolutif et efficace, dont l’objectif premier est la prévention et l’amélioration de la qualité de vie des jeunes femmes en leur permettant de maîtriser ces douleurs. Cela passe par de continuelles recherches scientifiques et par des traitements préconisés.

La guérison débute par un traitement naturel, c’est-à-dire par un bon équilibre d’hygiène de vie. Il regroupe la nutrition, la micronutrition, l’environnement et l’activité physique.

Et si malheureusement cela ne suffit pas, on préconisera les traitements médicamenteux et hormonaux, puis en dernier recours l’acte chirurgical pour l’endométriose.

Pour améliorer le suivi du SPM et de l’endométriose, il me semble nécessaire d’élargir le champ d’action des professionnels en faisant appel à du personnel issu d’un système de santé ou non.

b) Élargir le champ d’intervention des professionnels de santé dans le suivi médical

La prise en charge des patientes souffrants de SPM ou d’endométriose s’arrête généralement au médecin traitant et à la gynécologue/sage-femme. Pourtant il peut être intéressant de faire intervenir d’autres professionnels et d’autres professions dans le suivi.

Nous savons que l’endométriose peut toucher toutes les femmes en âge de procréer, et cela jusqu’à l’apparition de la ménopause. Être victime de fortes douleurs handicapantes périodiquement ou chroniquement peut engendrer des déséquilibres ou des souffrances psychologiques, alimentées par les fluctuations hormonales. Le risque est un isolement progressif et/ou un renfermement des femmes, notamment les jeunes femmes, à l’apparition de leurs menstruations qui peuvent être synonymes de douleurs ingérables et privatives de moments agréables. Par précaution, les femmes s’interdisent des sorties ou bien des activités. Une prise en charge par une psychologue peut être utile afin de faire face aux risques d’exclusion sociale envisageable chez ce type de patiente.

Nous pouvons aussi noter que l’endométriose peut avoir une grande influence sur l’activité sexuelle des jeunes femmes, qui peuvent ressentir de fortes douleurs lors des rapports, sans parler des possibles difficultés à devenir maman. Là encore l’atteinte psychologique est importante. Nous pouvons alors faire appel aux sexologues qui seraient d’une aide précieuse pour l’accompagnement de ces femmes. En effet, ils peuvent contribuer à l’amélioration et l’adaptation de leur vie intime avec cette pathologie.

De plus, nous savons que l’activité physique a un effet bénéfique sur le stress. Elle permet d’apprendre à mieux le gérer et à se familiariser avec son corps.

L’endométriose et le SPM génèrent un stress important pour l’organisme. Il est alors légitime de faire un lien pathologie-sport. Nous pouvons donc faire intervenir un professionnel des activités physiques dans la prise en charge de ces deux pathologies, en préconisant un sport dit « doux », tels que le yoga, la natation ou encore le pilate.

Il est également possible d’intégrer au suivi les ostéopathes, les acupuncteurs ou encore les sophrologues, qui peuvent, s’ils sont formés à ce type de pathologies, participer à l’amélioration de la qualité de vie des patients.

En parallèle de tous les professionnels énumérés ci-dessus, il serait intéressant de parler de la place de l’Éducation Thérapeutique du Patient dans ce type de prise en charge.

L’ETP est normalement utilisée pour des pathologies chroniques, c’est-à-dire des maladies de longue durée, évolutives, avec un retentissement sur la vie quotidienne. Elles peuvent générer des incapacités, voire des complications graves.

L’endométriose n’est pas définie comme une maladie chronique, mais peut évoluer tout au long de la vie d’une femme et disparaître seulement à l’arrivée de la ménopause.

Éduquer et informer les patients sur leur pathologie en enrichissant leurs connaissances afin qu’ils puissent l’appréhender avec moins d’angoisses, pourrait leur permettre de savoir gérer la maladie et les douleurs avec plus de facilités.

L’ETP est un excellent outil de transmission de savoirs entre les patients et les professionnels de santé, et parfois par l’intervention de patients dits « experts ».

L’éducation thérapeutique du patient se déroule en petits groupes de personnes toutes atteintes de la même pathologie mais ayant chacune une histoire différente, un suivi et des ressentis changeants face à la pathologie. L’objectif est de transmettre les connaissances du professionnel de santé à l’ensemble des personnes présentes, à travers des échanges, des jeux ou bien des ateliers. Ces interactions créent un lieu d’échange riche en expériences et sentiments.

Les ateliers peuvent être réalisés avec l’aide de divers professionnels de santé formés à la thématique.

Il est intéressant de réunir pour chaque atelier les professionnels concernés en fonction du thème et des objectifs ciblés.

La finalité de l’Éducation Thérapeutique du Patient est de fournir le savoir et les outils permettant au patient de vivre au mieux avec sa maladie. Elle peut faire partie intégrante de la prise en charge dont l’objectif est l’amélioration de la qualité de vie.


Conclusion


Tout au long de ce travail de recherche, nous avons pu évoluer progressivement et voir que la nutrithérapie est un acteur important dans le suivi de l’endométriose et du SPM.

Grâce à l’étude des termes du sujet, de la place de la micronutrition et des possibilités d’évolutions de la prise en charge, nous savons à présent que la nutrition participe activement au suivi afin de pallier aux douleurs et carences engendrées par la pathologie et le syndrome.

Pour deux pathologies faiblement connues, la prise en charge daigne évoluer vers des recherches permanentes, un traitement adapté et une communication plus importante auprès des jeunes femmes, qui reste encore trop faible.

Pour répondre à la problématique de ce travail de recherche, il est évident que la nutrithérapie a un rôle majeur dans la prise en charge du SPM et de l’endométriose. Une nutrition adaptée, complémentée par de la micronutrition permet de lutter contre les difficultés auxquelles sont confrontées les femmes atteintes.

L’alimentation n’est cependant pas la seule énergie favorisant l’amélioration de l’équilibre de vie des patientes. En effet, divers acteurs issus du milieu de la santé ou non participent activement au suivi, notamment les professeurs d’activité physique adaptée (APA), les psychologues ou encore les sophrologues. Cela permet de faire un lien sur la pluridisciplinarité des soins, permettant une prise en charge plus complète et adaptée.

Il peut être aussi utile de diriger les patients vers des naturopathes qui peuvent, toujours en complément d’un suivi diététique, permettre d’améliorer le suivi. Ce sont des professionnels de la médecine douce permettant de renforcer les défenses de l’organisme par des moyens naturels. La naturopathie est basée sur le vitalisme, la guérison par la nature.

Il est important de noter qu’il peut y avoir un lien avec l’alimentation actuelle, riche en perturbateurs endocriniens, pesticides et OGM. Cela peut indirectement avoir un impact sur l’apparition de ces types de maladies. Actuellement, aucune étude prouve le lien entre les perturbateurs endocriniens et l’endométriose ou bien le SPM. Cependant, les pesticides ont quant à eux déjà été pointés du doigt.

Une sensibilisation de la population à une meilleure façon de consommer ne peut être que bénéfique et réduire les risques d’apparitions de diverses maladies, en plus de celles présentées dans ce travail de recherche.


BIBLIOGRAPHIE

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